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La tortue Caouanne

Si la plupart des gens pensent que la Méditerranée est une mer trop salée, vide de vie marine, qu’ils tournent leur langue 7 fois dans leur bouche avant de lancer la rumeur! En effet, la Méditerranée présente une importante richesse spécifique (12 à 15000 espèces), et bien qu’elle ne représente que 0.8% de la surface de l’Océan mondiale,on y trouve pourtant jusqu’à 18% de la biodiversité marine mondiale selon le taxon considéré. De nombreuses espèces y sont endémiques, notamment de part l’isolation géographique de cette mer.

Mais on sait bien ce qui vous intéresse le plus… Ce n’est pas le plancton, ni les éponges, quoi que, et vous devriez vous y intéresser (promis on vous fera un article bientôt sur ces petites bêbêtes là!). Non ce sont les grandes nageoires, les ailerons, les souffles, les carapaces. Et bien aujourd’hui, au programme c’est « tortue »! Parce que OUI, il y a des tortues en Méditerranée occidentale! Il y en à même 3 espèces: la tortue Luth, la tortue Verte et la tortue Caouanne. Si les deux premières sont plutôt rares, la Tortue Caouanne est bel et bien présente en Méditerranée! Si, si, on vous l’assure, on l’a même observé il y a quelques jours! La mer Méditerranée sert en effet de nurserie pour les jeunes tortues (dont près de la moitié arrivent d’Atlantique), mais accueille aussi les tortues adultes au printemps et en été. On y recenserait 2000 à 4000 individus reproducteurs. Si deux sous-espèces ont été identifiées, une en Atlantique et l’autre dans le Pacifique, les individus de Méditerranée a un génotype propre, sans aucun doute à cause de l’isolement géographique de leur milieu.

Si l’on retrouve la tortue Caouanne dans tous les océans du monde entre le 40° parallèle sud et le 60° parallèle nord, elle n’en est pas moins protégée en Méditerranée. En effet, la tortue Caouanne est menacée en Méditerranée, comme beaucoup d’autres espèces. Elle est capturée en mer, volontairement dans certains pays, pour sa chair, mais aussi pour ses écailles et sa carapaces. Elle est aussi victime des prises accidentelles, comme les cétacés ou les requins, et est souvent blessée par des hameçons. Malheureusement la pêche n’est pas la seule menace pour ce reptile qui subit aussi la pollution (étranglement, étouffement ou occlusion par les plastiques). Quant aux sites de pontes, ils sont menacés par la pollution, l’urbanisation sans cesse croissante mais aussi par le tourisme, le braconnage et les animaux errants. Certains pays ont heureusement entrepris de protéger les sites de pontes, comme la Lybie (Kouf National Park), la Grèce (île Zakintos) et à Chypre (projet d’écloserie). De plus, la tortue Caouanne est totalement protégée en France (arrêté du 17/07/1991) et la Convention de Washington la protège complètement en la classant espèce en danger d’extinction. La tortue Caouanne est également protégée par la Convention de Bonn pour les espèces migratrices.

Capable d’effectuer des migrations sur des distances relativement importantes pour rejoindre les lieux de nidification, des mouvements de centaines d’individus ont même déjà été observés. Si les lieux de pontes se situent principalement en Méditerranée orientale, en Israël, à Chypre, en Turquie, dans les îles éoliennes, en Tunisie et en Libye, des sites de pontes ont déjà été découvert en Sicile. En 2002, deux pontes ont été découvertes en Corse, et une en 2006 près de Saint-Tropez (que voulez-vous, il s’agissait sans doute de tortues de luxe) et depuis peu un site de ponte est surveillé et protégé à Saint-Aygulf, dans le var, en France. Il est donc important que les pays méditerranéens collaborent pour mettre en place une protection efficace de cette espèce!

Mais une fois le nid protégé, tout n’est pas encore joué pour le futur petit! Quand elles auront réussie à rejoindre la mer, les petites tortues vivront sur des amas d’algues flottants où elles cohabitent avec d’autres espèces (plus de 100) constituant ainsi une importante source de nourriture.

Carte d’identité:
Nom latin: Caretta caretta
Famille: Cheloniidae
Taille: 90 cm en moyenne, jusqu’à 1,10m. Des individus de plus de 2,50m ont cependant déjà été observés
Poids: 135 kg à l’âge adulte (les plus lourds individus observés pesaient plus de 450gk)
Carapace: en forme de cœur, avec 5 écailles latérales, petites et hexagonales
Couleur: brun-rouge
Tête: grosse tête triangulaire, 4 à 5 écailles préfontales, mâchoire inférieure non dentelée, bec corné
Aire de répartition en Méditerrané: espèce pélagique et côtière, dans des eaux comprises entre 13,3 et 28° (entre 27 et 28° en période de ponte)
Aire de reproduction en Méditerranée: surtout en Méditerranée orientale
Ponte: entre avril et septembre, 60 à 200 œufs à chaque fois, 4 à 7 fois par saison, à intervalle de 2-3 ans
Maturité sexuelle: entre 10 et 30 ans
Alimentation: mollusques, crustacés, petits poissons et méduses.

Si vous êtes désireux de découvrir la faune marine de Méditerranée, tortues, cétacés, oiseaux et autre faune, partez en balade photo écolo’ en Mer avec Mwanga vagabonde! Chez nous, on est respectueux de l’environnement et des espèces!

Photo by Stéphanie Vigetta.

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